LIVRE EN LIGNECartographie humanitaire avec ArcGIS Desktop
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Module 1 – Introduction aux SIG et à la cartographiePage 3 / 53
MODULE 1

Introduction aux SIG et à la cartographie

Comprendre ce qu'est un SIG, à quoi il sert dans une réponse humanitaire, et faire connaissance avec ArcMap et ArcCatalog.

À LA FIN DE CE MODULE, VOUS SEREZ CAPABLE DE :
  • définir carte, cartographie, SIG et géomatique avec vos propres mots ;
  • citer les cinq composantes d'un SIG et donner un exemple humanitaire pour chacune ;
  • expliquer à quoi servent les cartes à chaque étape du cycle de programme humanitaire ;
  • reconnaître les parties de l'interface d'ArcMap et d'ArcCatalog ;
  • distinguer données vecteur et raster, et choisir un format de fichier adapté.

1.1 Définitions

Les mots du SIG sont souvent utilisés de façon approximative. Voici les définitions retenues dans ce livret.

TermeDéfinitionExemple humanitaire
CarteReprésentation réduite, simplifiée et codée d'un espace, à une échelle donnée.Carte des sites de déplacés de Goma au 1:50 000.
CartographieDiscipline qui conçoit, produit, diffuse et étudie les cartes.Choisir les couleurs et la légende d'une carte de sévérité.
Donnée géographiqueInformation qui associe une position (où ?) à des attributs (quoi ? combien ?).Un centre de santé : coordonnées + nom + type + statut.
SIGSystème d'information géographique : ensemble organisé qui permet de saisir, stocker, gérer, analyser et représenter des données géographiques.Calculer combien de villages sont à plus de 5 km d'un centre de santé.
GéomatiqueEnsemble des sciences et techniques qui acquièrent, traitent et diffusent l'information géographique (SIG, GPS, télédétection, cartographie).Combiner une image satellite, des relevés GPS et un SIG après une inondation.

1.2 Les composantes d'un SIG

Un SIG n'est pas seulement un logiciel. Il repose sur cinq composantes qui doivent toutes fonctionner. Dans beaucoup de bureaux humanitaires, ce sont les données et les méthodes qui manquent le plus, pas le logiciel.

Les cinq composantes d'un SIG.
FIGURE 1.1 — Les cinq composantes d'un SIG.
ComposanteDans un bureau IM à Goma, cela veut dire…
MatérielUn ordinateur assez puissant, des smartphones pour la collecte, un GPS, une imprimante A3, une connexion (même lente).
LogicielArcGIS Desktop, un outil de collecte (KoboToolbox), un tableur, éventuellement QGIS et Google Earth.
DonnéesLimites administratives à jour, liste des sites de déplacés, structures de santé, routes, données des partenaires (3W).
MéthodesProcédures écrites : nommage des fichiers, systèmes de coordonnées utilisés, contrôle qualité, règles de partage.
PersonnesUn ou plusieurs analystes formés, et des utilisateurs (coordonnateurs, clusters) qui savent formuler leurs besoins.

1.3 Les SIG dans l'action humanitaire

La coordination humanitaire est organisée par secteurs, appelés clusters (santé, eau-hygiène-assainissement, protection, abris, sécurité alimentaire, nutrition, éducation, logistique, coordination et gestion des sites, etc.). Chaque cluster produit et utilise des données localisées. Le rôle de la gestion de l'information est de collecter ces données, de les harmoniser, de les analyser et de les restituer sous une forme utile à la décision. La carte est l'un des produits les plus utilisés.

Le cycle de programme humanitaire décrit les étapes d'une réponse, de l'analyse des besoins à l'évaluation. Une carte différente sert à chaque étape.

Le cycle de programme humanitaire et des exemples de produits cartographiques à chaque étape.
FIGURE 1.2 — Le cycle de programme humanitaire et des exemples de produits cartographiques à chaque étape.

Les questions auxquelles un SIG répond

Type de questionExemple au Sud-KivuOutil SIG (vu dans ce livret)
Localisation : où est… ?Où se trouvent les centres de traitement du choléra à Uvira ?Affichage de points, carte de référence
Condition : qu'y a-t-il à… ?Quelles zones de santé dépassent 50 cas cette semaine ?Requête attributaire (Module 8)
Proximité : à quelle distance ?Quels villages sont à plus de 5 km d'un point d'eau ?Zone tampon, distance (Module 10)
Tendance : qu'est-ce qui a changé ?Comment l'épidémie s'est-elle étendue en trois mois ?Cartes temporelles (Module 18)
Modélisation : que se passe-t-il si… ?Si le pont de Kamanyola est coupé, quel itinéraire reste possible ?Analyse de réseau (Module 12)

1.4 La suite ArcGIS Desktop

ArcGIS Desktop regroupe plusieurs applications qui partagent les mêmes données et les mêmes outils. Dans ce livret, vous utiliserez surtout trois d'entre elles.

ApplicationRôle principalFichier typique
ArcMapAfficher, interroger, éditer, analyser les données et mettre en page les cartes.Document de carte .mxd
ArcCatalogParcourir, organiser, créer et décrire les données (dossiers, géodatabases, métadonnées). Disponible aussi comme fenêtre Catalog dans ArcMap.Dossiers, .gdb, .shp
ArcToolboxBoîte à outils de géotraitement : projection, découpage, zone tampon, jointure spatiale, etc.Outils et modèles
ArcScene / ArcGlobeVisualisation en trois dimensions (non traitée en détail ici)..sxd / .3dd

ArcGIS Desktop existe en trois niveaux de licence : Basic, Standard et Advanced. Ils se distinguent surtout par le nombre d'outils de géotraitement disponibles. Des extensions (Spatial Analyst, Network Analyst, 3D Analyst…) ajoutent des fonctions et doivent être activées dans Customize › Extensions.

L'interface d'ArcMap

Fenêtre principale d'ArcMap. Les numéros renvoient au tableau ci-dessous.
FIGURE 1.3 — Fenêtre principale d'ArcMap. Les numéros renvoient au tableau ci-dessous.
N°ÉlémentÀ quoi il sert
1Barre de titreAffiche le nom du document de carte (.mxd) ouvert.
2Barre d'outils StandardNouveau, ouvrir, enregistrer, Add Data (ajouter des données, bouton « + » jaune et noir), échelle, ouverture de la table des matières, du catalogue et d'ArcToolbox.
3Barre d'outils ToolsZoom avant et arrière, déplacement, étendue totale, sélection, Identify (bouton « i » bleu), mesure.
4Table Of Contents (table des matières)Liste des couches. La couche la plus haute est dessinée par-dessus les autres. Clic droit sur une couche : propriétés, table attributaire, zoom.
5Fenêtre de carte (Data View)Affichage et interrogation des données géographiques.
6Boutons Data View / Layout ViewBasculer entre la vue des données et la vue de mise en page (Module 16).
7Barre d'étatCoordonnées du pointeur, dans l'unité du système de coordonnées du bloc de données (ici en degrés décimaux).
ArcCatalog : (1) arborescence des connexions, (2) onglets Contents / Preview / Description, (3) géodatabase fichier et ses classes d'entités.
FIGURE 1.4 — ArcCatalog : (1) arborescence des connexions, (2) onglets Contents / Preview / Description, (3) géodatabase fichier et ses classes d'entités.

1.5 Données vecteur et données raster

Un SIG décrit le monde de deux façons. Le mode vecteur représente des objets discrets par des points, des lignes et des polygones. Le mode raster découpe l'espace en une grille de cellules (pixels) qui portent chacune une valeur.

Les deux modes de représentation de l'information géographique.
FIGURE 1.5 — Les deux modes de représentation de l'information géographique.
VecteurRaster
Adapté àObjets aux limites nettes : sites, routes, rivières, zones de santé.Phénomènes continus : altitude, pluie, densité de population, image satellite.
GéométriesPoint, ligne (polyligne), polygone.Cellules de taille fixe (résolution, ex. 30 m).
AttributsTable attributaire : une ligne par objet, plusieurs colonnes.Une valeur par cellule (ou plusieurs bandes pour une image).
Exemples RDCSites de déplacés (points), axe Goma–Rutshuru (ligne), zones de santé (polygones).Modèle numérique de terrain SRTM, grille de population, image Sentinel-2.

Dans ArcMap, chaque jeu de données est affiché comme une couche (layer). Les couches se superposent comme des calques transparents. Cette superposition n'est correcte que si toutes les couches sont positionnées dans un même référentiel : c'est l'objet du Module 2.

Principe des couches superposées.
FIGURE 1.6 — Principe des couches superposées.

1.6 Les formats de fichiers courants

FormatExtensionTypeÀ savoir
Shapefile.shp .shx .dbf .prj (+ .cpg, .sbn…)VecteurUn shapefile = plusieurs fichiers de même nom. Copiez-les tous. Le .prj contient le système de coordonnées. Noms de champs limités à 10 caractères.
Géodatabase fichier.gdb (dossier)Vecteur et rasterFormat recommandé pour le travail dans ArcMap : plusieurs classes d'entités dans un seul dossier, noms de champs longs, meilleures performances.
KML / KMZ.kml .kmzVecteurFormat de Google Earth, toujours en WGS 84. Import : outil KML To Layer.
CSV / Excel.csv .xlsxTableauDevient une couche de points si le tableau contient des colonnes de longitude et de latitude (Display XY Data).
GeoTIFF.tifRasterImage ou grille géoréférencée (MNT, population, image satellite).
Document de carte.mxdProjetNe contient pas les données, seulement des liens vers elles et la symbologie.
EXERCICE 1.ADécouvrir l'interface20 min

Objectif. Repérer les éléments de l'interface et interroger une couche.

Données. Dossier 04_Exercices/M01 du jeu de données (couches fictives autour de Goma).

Étapes

  1. Ouvrez 04_Exercices/M01/M01_Decouverte.mxd.
  2. Dans la table des matières, décochez puis recochez chaque couche. Notez ce qui disparaît.
  3. Faites glisser la couche Zones_sante tout en haut de la liste. Que se passe-t-il ? Remettez-la en bas.
  4. Avec l'outil Identify, cliquez sur un site de déplacés. Notez les attributs affichés.
  5. Déplacez le pointeur sur la carte et lisez les coordonnées dans la barre d'état. Dans quelle unité sont-elles exprimées ?
  6. Clic droit sur Sites_deplaces › Open Attribute Table. Comptez le nombre d'enregistrements (affiché en bas de la table).

Questions

  1. Pourquoi l'ordre des couches modifie-t-il l'affichage ?
  2. Quelle est la différence entre la couche affichée dans ArcMap et le fichier enregistré sur le disque ?
EXERCICE 1.BClasser des données humanitaires15 min

Objectif. Choisir le bon mode de représentation et la bonne géométrie.

Étapes

  1. Pour chaque donnée ci-dessous, indiquez : vecteur ou raster ; si vecteur, point, ligne ou polygone.
  2. (a) Centres de santé de la zone de santé de Karisimbi ; (b) limites des territoires du Sud-Kivu ; (c) routes nationales ; (d) altitude du relief autour du Nyiragongo ; (e) sites de déplacés ; (f) densité estimée de population par km² ; (g) rivière Tshopo ; (h) zone inondée délimitée sur une image satellite à Kisangani.

Pour aller plus loin